14.10.2009
Hallucinant
Quand Eric Woerth s’offrait des petites virées en Suisse pour le compte de Nicolas Sarkozy…
Eric Woerth, ministre du budget
A l’heure où le ministre du budget Eric Woerth roule les mécaniques en menaçant les détenteurs français de comptes helvétiques, Antoine Menusier, correspondant à Paris du quotidien suisse Le Matin vient de publier un article lourd de sous-entendus intitulé « Quand Woerth aimait les comptes en Suisse ». Cet article révèle que le maire de Chantilly, alors grand argentier du parti majoritaire et mari de la personne qui gère l’une des plus colossales fortunes du monde (celle de Liliane Bettencourt), s’est rendu à Genève en Mars 2007 pour récolter des fonds pour la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, accompagné du très fidèle Patrick Devedjian, époux de l’héritière du groupe immobilier de luxe Franco-Suisse.
Les termes de l’article du Matin sont on ne peut plus clairs. « Ce 23 mars 2007, Eric Woerth, alors trésorier de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, était venu en ami à Genève. Patrick Devedjian, à l’époque député des Hauts-de-Seine, l’accompagnait. Cette visite en Suisse avait un but : récolter de l’argent pour financer « l’effort de guerre » du candidat de la droite, opposé à sa rivale socialiste, Ségolène Royal. Le comité de soutien UMP Suisse avait vu grand pour accueillir les émissaires de Sarkozy : une réception à l’Hôtel Crowne Plaza en début de soirée, suivie d’une réunion au Caviar House, dans la très chic rue du Rhône, avec le « premier cercle », autrement dit, les donateurs les plus fortunés. « Eric Woerth ne cherchait pas alors à savoir si les chèques qu’on lui remettait étaient prélevés sur des comptes suisses non déclarés au fisc français », raconte un banquier français opérant dans une banque genevoise ».
Mais Le Matin n’est pas le seul à visiter les arrières-cuisines genevoises de Nicolas Sarkozy. Les adhérents de l’UMP établis dans la confédération helvétique menacent eux aussi de faire des révélations depuis quelques semaines. Ecoeurés par les rodomontades d’Eric Woerth sur ces mauvais français qui aiment les petites virées en Suisse, certains ne mâchent plus leurs mots. Le Monde du 23 Septembre 2009 s’était fait l’écho de leurs états d’âmes : « Nous n’avons pas élu Sarkozy pour cela ! » déclare l’un. « On nous traite vraiment comme des pestiférés ». D’autres se souviennent tout haut qu’Eric Woerth et Patrick Devedjian étaient arrivés « dans l’avion d’un riche Français, bénéficiaire d’un forfait fiscal » lors de leur visite en Suisse… Ces arguments auraient largement contribué à faire fondre les effectifs du parti présidentiel chez les Français de l’étranger.
Des grincements de dents qui promettent de nouveaux règlements de comptes… en Suisse, évidemment.
Pierre Cheynet, Secrétaire départemental du Front National de Haute-Loire
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